Château de La Roque sur le territoire de l’Arifadès en Occitanie

 

Description

Le château de La Roque, rebaptisé « Castelroc » par ses nouveaux propriétaires, remonterait pour sa première construction à la période carolingienne. Sur un roc escarpé, taillé à pic, dominant la vallée du Dadou et surplombant un petit moulin (aujourd’hui disparu), le château paraît avoir couvert un rectangle de 50 mètres de longueur sur 20 mètres de largeur, avec à chaque angle, une tour comme celle qui subsiste : une grande tour carrée de 25 mètres de haut. Le château recouvre exactement le rocher détaché du flanc de la montagne et son mur d’enceinte a été construit tellement près de l’à pic que par endroit des éboulements de roches en ont entraîné une partie dans le vide.

 

Evocation

Castelroc est à ce point évocateur qu’il apparaît comme un château imaginaire : le monument et le site avec lequel il fait corps reflètent tout ce que l’on aime supposer du Moyen Âge. Une époque telle que se la représente le grand public, synthèse-amalgame des recherches scientifiques, de leurs déclinaisons pédagogiques et des évasions de tous ceux qui s’en libèrent pour nous entraîner
dans des romans de chevalerie et des fictions sous forme de jeux ou vidéos aux sensations d’autant plus redoutables qu’elles disent « coller à la réalité » !

 

À Castelroc, les producteurs adaptateurs de légendes médiévales peuvent laisser au vestiaire leurs décors de théâtre. Tout y est !

Le plus spectaculaire étant cette économie d’échelle :

  • d’abord, le site des deux cours d’eau qui se rencontrent au fond de leurs gorges issues du plateau : l’espace y est réduit et escarpé, entouré pourtant de vastes horizons supposés qui s’achèvent ici brutalement.
  • de même, le promontoire qui porte les ruines : taillé ou du moins façonné comme pour les prolonger sans qu’il ne soit possible de discerner dans ces fortifications celles qui appartiennent au bâtisseur de celles qui relèvent de la carrière.

Une tour quadrangulaire en poupe de navire s’accompagne, sur la terrasse oblongue qui la sépare du précipice, d’un mur d’enceinte percé d’une porte en plein cintre au seuil surélevé. Le tout enserré dans un système de fossés creusés en amont et de quelques constructions plus tardives sur ce qui restait de plans juste convenables pour les accueillir hors le rempart.

Des siècles se sont écoulés entre la construction de ce qui subsiste du château initial et son abandon. Aussi, les fond de rocher, les cases encoches, ce qui se distingue d’anciennes constructions forment un ensemble dont l’évolution si lente des techniques du bâti y a préservé l’impression d’unité.

Puis, lorsque le site sombra dans l’oubli, à la rudesse du relief et des escarpements vint se greffer une végétation suffisamment dense pour que ces témoins archéologiques ne se disloquent qu’à une vitesse quasi géologique.
Cependant, aujourd’hui, le temps semble s’être quelque peu accéléré : les murs les plus élevés perdent leur partie sommitale et l’eau s’engouffre insidieusement dans les maçonneries restantes jusqu’à faire éclater les doubles parements…

Au pied de la falaise, le dernier moulin a rendu l’âme sur le Dadou…

Le fort dont la mission première aurait été de surveiller le patrimoine rémunérateur que représentait la puissance de l’eau (si sa véritable justification ne repose pas sur l’importance que revêt le Dadou comme frontière multiséculaire !) pouvait à son tour se fondre dans le site qui le magnifie.

Mais le futur des sites au fort potentiel symbolique ne se satisfait pas de leur effacement !

Situation actuelle

L’histoire des lieux mythiques rejoint la légende : alors que tout dans notre époque tournée vers les grands axes et les multitudes semblerait contraindre ce site à l’abandon, il a suffit qu’un nouvel habitant s’installe sur un repos du Dadou pour que, levant les yeux, il soit happé par ce téméraire pan de mur qui le domine.

Depuis quelques années, chemin d’accès, point d’eau, mobilier et outillage satisfont les besoins d’équipes qui se relaient : car à la passion du propriétaire s’ajoute le dévouement et la curiosité de bénévoles, chacun avec son savoir-faire. Ils s’affairent pour que progressent des programmes de réhabilitation aussi mesurés que déterminés. Les conseils des services compétents (Service régional
de l’archéologie et de la connaissance du patrimoine, Unité départementale de l’architecture et du Patrimoine) et des chercheurs (Comité départemental d’archéologie du Tarn), l’appui de la Municipalité de Saint-Antonin de Lacalm, les apports de donateurs anonymes confirment un succès grandissant de cet élan en faveur de la réhabilitation intelligente et ambitieuse du site suivant les critères d’un véritable professionnalisme.

Une dynamique qui appelle à l’ouverture au public, au partage au plus grand nombre et, parmi ces décisions, à des choix judicieux puisque plusieurs des jeunes gens qui sont mobilisés trouvent à Castelroc le lieu d’un apprentissage qui se découvre !

Constat

Cette dynamique invite à envisager une action à long terme que les enjeux justifient pleinement : la beauté du site, son potentiel archéologique, ses capacités en faveur de l’animation et de la promotion touristique au centre du département du Tarn, l’intérêt général qui se manifeste et ne saurait être déçu.
Toutefois, se pose non seulement le financement des programmes qui se dessinent (études archéologiques, programmes de dégagements qui s’en suivent, consolidation des maçonneries), mais aussi celui des aménagements nécessaires pour faciliter l’émergence d’affectations du site.

La dimension des réalisations à conduire comme celle a fortiori des programmes qu’elles vont immanquablement induire, ne sont à la portée ni du propriétaire ni de l’association dans son fonctionnement actuel. Il convient donc d’apporter des solutions structurelles pour asseoir l’ambition qui se dessine tout en favorisant l’intervention possible de mécènes et donateurs dont les prémices se font déjà
sentir.

Merci à Olivier CEBE – Délégué territorial Tarn pour la Fondation du Patrimoine pour son soutien à l’association Castelroc

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